Démarche artistique

Depuis son plus jeune âge, Suzanne Ledoux a besoin de créer : des murales en crème à barbe, des vêtements pour ses poupées, puis des bandes dessinées qui racontent des mondes nouveaux.

Pendant ses études collégiales, elle étudie les arts et les langues. Elle est fascinée par les autres cultures, fascination qu’elle nourrie en lisant tous les contes et légendes qu’elle peut trouver. L’orient et l’Afrique l’attirent particulièrement.

Le groupe, la famille, la société, les interactions que nous créons entre nous la questionnent: le regard intérieur et le besoin de l’autre.

Dans son cheminement, deux lignes directrices se croisent, deux besoins exigeants : celui de partager, de se sentir appartenante, d’où son intérêt pour l’art communautaire et l’enseignement, et celui de se recueillir, de dire avec des mots et des images, ce qui la touche.

Recevoir le monde, tenter dans chacune de ses créations de témoigner du chaos qui nous entoure et qui nous bouleverse, voilà la source d’inspiration inépuisable qui la guide.

Par le métissage de l’encre, de l’acrylique, de la gravure et du collage, elle créée des mondes foisonnants, touffus, remplis de créatures issues du monde animal et végétal. Elle veut témoigner de la beauté du monde et du respect de toutes les formes de vie.

La couleur est un élément déterminant dans son œuvre. Les interactions infinies, les contrastes entre les couleurs vives composent une musique visuelle qu’elle compare à des dialogues. Dans ses œuvres, on décèle du mouvement, des vibrations, des palpitations.

Chaque toile est un nouveau départ, une exploration inattendue et une autre opportunité de raconter une histoire. Dans ses fonds colorés, elle invente des chemins, imprime les traces d’un passage, comme une empreinte, un souvenir.

Formations

DEC en Arts et Lettres 1974

Cégep Jean de Brébeuf

BAC en Arts Plastiques, spécialisation gravure 1978

Université du Québec à Montréal

Stage en sérigraphie à l’atelier de gravure Richard Lacroix 1980
Production de lithographies 1982 Atelier Graff
Membre du collectif Ame-Art, galerie du Mile End
Membre du collectif Images de Femmes
Stage: Femmes entrepreneures chez Compagnie F
Cours au Centre de Design et d‘Impression Textile
Créatrice du groupe d‘artistes en arts visuels : L
Membre de l’Atelier du Centre Ville

Expositions

Ateliers et préparation de l‘exposition Théâtre le Gésu 2026

Créatrice du groupe d’artistes L
Ateliers de peinture sur soie ; impressions sur tissu avec colorants pigmentaires
Exposition solo  Galerie Cabotins, Peintures sur soie et acrilyques 2017
Arthothèque du centre d’Art de Stewart Hall  Centre d’art Stewart Hall 2016
Galerie Laoun  2015

Expositions à la Galerie Ame Art  2010 à 2015

Transparences  avec l’artiste Geneviève Odin
Feutre et tissages
Portraits
Arbres
L’eau, la mer et les bateaux »
Collectif Images de Femmes édition 2015
Ateliers de peinture sur soie; Impressions à l’acrylique

Musée des Maîtres et artisans,  Ville St Laurent
Courtepointes engagées 2016

Exposition Galerie Simon Bolivar 2017

Expositions pour le collectif Images de Femmes  2010 à 2021
Murale géante extérieure; peinture et impressions sur coton.
Galerie de la bibliothèque Mile End et galerie Ame Art
10e  au 21e anniversaire,  Femmes du monde
Événement culturel, chant, danse et poésies au Théâtre Rialto,
Rythmes de Femmes
Exposition Galerie le 1040, rue Marie-Anne , 2008
Couleur, terre et soie
Exposition Galerie Corrid’art, de Compagnie F  (Femmes entrepreneures) 2007
Atelier de peinture sur soie Les journées de la Culture
Centre d’Étude et de Coopération Internationale  CECI
Murales thématiques pour fonds de scènes lors de conférences et autres événements
Mondial des Cultures à Drummondville :  Musiques et danses traditionnelles
Création de cerfs-volants gigantesques et animation avec les enfants
Exposition de cerfs-volants au Musée d’art contemporain de la ville de Québec
Salon des métiers d’art ; dessins à la plume et sérigraphies.
Peinture sur soie 2000-2008
Production de foulards et ateliers en peinture sur soie
Boutique du musée d’Art contemporain
Festival Amuseurs publics à Trois-Rivières.
Boutique du Jardin Botanique
Boutique au Salon d’Emma Chambly
Expositions privées 1985
Peinture sur coton, murales et vêtements
Batiks sur cadres et vêtements

Mon histoire

Je suis née à Verdun en 1954.
J’habitais une maison à logements dans une rue dotée d’un terrain vague aussi grand que trois pâtés de maisons. Pour moi, c’était une forêt, la savane, une autre planète. C’est dans ses hautes herbes que j’ai appris à aimer la nature et ses espaces, et, surtout inventer des histoires.

Mon besoin de créer s’est manifesté très tôt. Pendant que mon père se préparait, le matin, je pouvais peindre des murales en crème à barbe sur les murs de la salle de bain ; son blaireau est mon premier pinceau.
Il aimait écouter de la musique classique à tue tête et jouait du piano ; je m’improvisais alors comme une chanteuse d’opéra et je répétais les mots d’amour que je ne comprenais pas en tentant d’imiter les coloratures des plus grandes chanteuses !  Je me demandais pourquoi tout le monde riait, mais ma passion pour la musique n’en a pas souffert.

Ma tante Rita que j’adorais, m’appelait toujours Suzon au lieu de Suzanne.  Je l’adorais pour cette tendresse !      Excellente couturière, elle a guidé mes premiers pas en haute couture : des robes pour mes poupées ! … des rectangles de tissus plus ou moins cousus.  Avec le temps, mon habileté s’est beaucoup développée.

J’étais abonnée à une revue de bandes dessinées que je dévorais le vendredi, les autres jours, c’était L’ÉCOLE.  J’ai commencé à dessiner les contes que me dictait mon imagination grandissante avec des bulles de dialogues très très simplistes. Rien ne me rendait plus heureuse que d’écrire dans mes dessins;  écrire, c’est une peinture avec des mots.  Ce bonheur qui ne m’a jamais quittée.

Je faisais souvent de l’insomnie. Ma mère me berçait, en regardant le film de fin de soirée. Vers 1957, les valeurs sociales étaient bien différentes, et les relations hommes-femmes aussi.
– Pourquoi m’aimes-tu ? Demandait le mari infidèle de retour à la maison.
– Parce que tu me fais souffrir ! Répondait sa femme éplorée et toute pardonnante !
Je crois bien que ma première pensée féministe date de ces moments là.   À trois ans !

Certaines fins de semaine j’accompagnais mon père à son travail avec ma soeur.  Elle avait son utilité.  Munie d’une montre, elle était chargée de compter le temps pendant qu’il réglait quelques dossiers.  Avant de s’en aller, il nous conduisait à la pièce des lapins et ouvrait toutes les cages ! Il y en avait des blancs, des noirs, des de toutes les couleurs. Je les vois encore sauter partout et je sens la douceur de leur pelage.  Parfois, c’était la pièce des chats…